Le mouvement des Chevaliers du Travail s'est répandu dans tout le pays au cours des années 1880. On trouvait parmi son effectif des travailleurs de métier et autres, des femmes et des hommes, des anglophones et des francophones, des Blancs et des Noirs. Comme il ressort des articles, des éditoriaux, des poèmes et des chants publiés dans le journal de l'organisation, The Palladium of Labor, ses partisans croyaient par-dessus tout en la noblesse de tous les travailleurs, véritables chevaliers au service de la nation.

[TRADUCTION]
Le temps du soulèvement est venu,
Unis dans la bravoure et la fraternité,
Cœurs honnêtes et mains laborieuses, nous ne sommes qu'une poignée
Épuisés et sincères, vaillants et téméraires!

Nulle règle stricte ne nous divise
« Bienvenue à tous » est notre devise
Et charpentiers ou imprimeurs
Fraterniseront avec les mouleurs!

Travailleur musclé et acharné
Aux mains calleuses et noircies
Tu es du même sang que tous ceux ici
Qui manient l'alêne et la lisse

Nous luttons, mais n'avons pas de sang sur les mains
Nous luttons pour freiner la main de l'oppresseur
Nous luttons pour que l'amour, triomphant enfin
Éloigne de nous le malheur!

Animés de zèle, votons pour le bien
Luttons pour qu'il triomphe du mal
Avec obstination, chaque jour de scrutin,
Mettons à l'épreuve le pouvoir de l'ennemi!

Oh! bien des cœurs souffriront
Avant que « Victoire » nous ne criions!
Que les âmes solidaires joignent les rangs,
Que les passants versent leurs larmes et les martyrs leur sang!

Travaillons, mes frères, redoublons d'effort
Pour mériter le retour de l'âge d'or!
Le règne millénaire de l'amour viendra
Il fera chanter nos cœurs et nos yeux ravira!
Hourra! hourra! Nous sommes les vrais Chevaliers
De la noble Chevalerie du travail!

The Palladium of Labor, novembre 1883


Défilé des Chevaliers du Travail à Hamilton

[TRADUCTION]
« L'espoir du mouvement ouvrier repose sur l'organisation. L'organisation signifie la protection contre les longues heures de labeur et les maigres salaires, la protection contre les manèges des monopolistes rusés, la protection contre l'ignorance. Individuellement, nous ne pouvons rien; unis nous sommes puissants. »

The Palladium of Labor, octobre 1884



Lien à la Galerie du progrès social