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L'art haïda
Art haïda




     Le chamanisme



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Les Haïdas et leurs voisins avaient en commun un ensemble de croyances sur la façon dont le monde des humains était intimement relié aux mondes naturel et surnaturel, mais les Haïdas avaient en propre quelques conceptions profondément différentes. Les concepts partagés portaient essentiellement sur la guérison des malades, l'approvisionnement en poisson et en gibier, et la maîtrise du temps qu'il fait, ou tout au moins l'influence à exercer sur lui. Parmi les chamans, on trouvait des spécialistes dont les pouvoirs étaient particulièrement efficaces pour un éventail donné de tâches, par exemple assurer le bon résultat d'entreprises majeures telles que les expéditions de troc ou la guerre.

Les femmes tout autant que les hommes pouvaient être chamans, mais le plus souvent c'étaient des hommes qui choisissaient cette vocation. Les femmes chamans se concentraient surtout sur la guérison des maladies et sur les difficultés de l'enfantement et, dans de rares cas, appliquaient leur pouvoir aux animaux et aux poissons. Les chamans pouvaient être issus de toutes les classes, sauf celle des esclaves, mais ils étaient généralement membres des familles de haut rang, souvent même frères d'un chef; se trouvaient ainsi réunis à la tête d'un lignage les pouvoirs temporel et surnaturel.




VII-B-779 Amulette de naissance en argilite montrant une femme en train d'accoucher. Elle est installée sur une natte en écorce de cèdre, et sa tête repose sur un oreiller de cette même matière. Elle porte autour de la taille une ceinture servant à comprimer le haut de l'abdomen et à provoquer l'accouchement. Des marques sur la pièce donnent à penser qu'il s'agissait d'un talisman plutôt que d'un objet pour touristes.

Recueillie dans Haida Gwaii en 1879 par Israel W. Powell.
MCC VII-B-779 (S94-6827)




John R. Swanton a pu obtenir des renseignements détaillés sur la façon dont on devenait chaman :

Le chaman était une personne qui avait obtenu un pouvoir d'un être surnaturel (sga'na) qui le &171;possédait», ou qui le choisissait pour être le médium par l'intermédiaire duquel il ferait sentir son existence dans le monde des hommes. Lorsque l'esprit était présent, l'identité propre du chaman était pratiquement supprimée. Il était pendant ce temps l'être surnaturel lui-même. Le chaman devait se vêtir selon les instructions de l'esprit et, lorsque l'esprit était présent, il parlait dans la langue de ce dernier [...]
La fonction de chaman se transmettait généralement de façon héréditaire, d'ordinaire d'oncle maternel à neveu. Avant de mourir, il révélait ses esprits à son successeur, lequel pouvait commencer avec un esprit relativement faible, puis passer à des esprits de plus en plus puissants. Les principales catégories d'êtres surnaturels qui parlaient par le truchement des chamans étaient celles des Gens-de-la-pirogue, des Gens-de-la-forêt et des Gens-d'en-haut.

Alexandre McKenzie a fait aussi quelques observations sur les chamans à Masset:

Il n'y avait pas d'étapes ou de degrés prescrits dans l'initiation d'un homme-médecine (en haïda, sah-gah). L'aspirant était instruit par un autre homme-médecine, généralement son oncle, auquel il succédait, et la durée de sa probation dépendait de son aptitude à apprendre le système [...]
[...] Les médecins haïdas n'employaient jamais le tambour pour la divination et n'utilisaient jamais ni mots de passe ni signes entre eux. Ils cherchaient avant tout à ne pas se rencontrer, car ils prétendaient avoir peur les uns des autres, et chaque médecin avait l'habitude de se vanter lui-même et de rabaisser son rival. Ils prétendaient lutter dans des visions.


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